On en parlait, il est sorti en librairie : Dernier homicide connu, le 5ème polar du Dr K
Depuis 2005, le genre policier s’est enrichi d’un écrivain pas comme les autres. Avec Meurtre à la morgue paru aux éditions Glyphe, Olivier Kourilsky, alias Dr K, entre dans l’arène, et récidive.
Quatre romans plus tard, et un prix Littré obtenu en 2010 pour Meurtre pour de bonnes raisons (2009), la compétition féroce non seulement ne le décourage pas, mais agit comme un aiguillon.
Alors que Homicide par précaution sort en 2010, son cinquième opus est déjà en cours d’écriture.
Mettant de côté son univers familier qu’est le milieu hospitalier, le Dr K choisit pour ce nouveau roman celui du proxénétisme. Ses héros sont immédiatement attachants ; Louis Auffret, un prêtre au passé traumatisant qui le lie à son frère Charles et au destin tragique ; Claude, la nouvelle chef de groupe de la Crime, qui doit à tout prix faire ses preuves face à son équipe. Les personnages sont saupoudrés de détails qui les rendent réels et vivants.
Grâce à son style fluide et soigné, ses descriptions méticuleuses des lieux, les anecdotes qu’il intègre dans l’intrigue, il est permis d’imaginer que l’auteur ne s’est pas contenté de faire appel à son imagination, mais qu’il a pris le temps de se documenter avec toute l’exigence qu’on lui connaît.
Dernier homicide connu est un roman qui se lit vite, pour de bonnes raisons! Alors que le meurtrier est connu d’entrée, le lecteur est tenu en haleine page après page, entraîné par les nombreux rebondissements qui l’emmènent jusque dans les stations fantômes du métro parisien où se dénoue l’histoire.
Un roman policier différent? Oui parce qu’il échappe aux écueils de la littérature policière actuelle truffée de caractères racoleurs, d’intrigues si complexes qu’on en oublie l’essentiel, à savoir l’intrigue elle-même, et de personnages si fouillés qu’ils en deviennent complètement irréels et perdent toute crédibilité.
Les histoires du Dr K sont pleines d’imagination et efficaces. Ses personnages pourraient presque être nos voisins.
En lieu et place de l’artillerie lourde, l’auteur a choisi la simplicité de ton et de forme. C’est ce qu’il y a de plus difficile en écriture.
Il prend le risque d’être anti-conformiste et de continuer à écrire de ce style qui lui est propre, avec une régularité rassurante, et une tenacité férocement efficace.
Disponible en librairie depuis le 1er janvier 2012, Dernier homicide connu devra jouer des coudes pour se frayer un chemin dans les rayons.
Que tous ceux qui aiment les choses bien faites résistent à la tentation de prendre le premier best-seller en vue sur les consoles, et cherchent ce roman-là, pour lire autrement. Ils y trouveront quelques 212 pages de belle écriture et se régaleront.
Puisque le Dr K a l’audace de jouer dans la cour des grands, ayons cette même audace en le lisant.
Dernier homicide connu, 2012
Olivier Kourilsky
Editions Glyphe
- Cet article à été posté le Samedi, janvier 7th, 2012 at 22 h 53 min and is filed under Actualités, L'actu, Littérature.
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