Je pourrais être votre grand-mère : Un court-métrage qui nous aide à ouvrir les yeux
Actualités, Cinéma, L'actu | by JackieK — 21 octobre 2011
Mots-clefs :Cinéma, court-métrage, société
Est-ce l’histoire d’un homme dont la prise de conscience l’amène à changer radicalement de vie, ou l’histoire d’une femme qui grâce à un geste simple et spontané va retrouver sa dignité, ou bien encore celle de milliers de personnes qui se retrouvent à la rue ?
Quel que soit le regard ou l’angle avec lequel on aborde le court-métrage de Bernard Tanguy «Je pourrais être votre grand-mère », on ne peut qu’être touché par les destins des deux personnages principaux : Olivier, jeune avocat d’affaires et Ioana, la vieille femme roumaine qui mendie en bas de son immeuble.
Olivier est un personnage réel, tout comme Ioana. Cette histoire est la leur ; elle est racontée avec sobriété, sans fioritures, sans embellissements ou apitoiements.
Olivier passe devant Iona tous les jours, matin et soir. Iona n’est qu’une silhouette, un tas de chiffons posé sur le trottoir, emmitouflé dans des couvertures, occupant un espace pourtant devenu presque invisible tellement il est dérangeant. Nous en voyons tous les jours dans les rues de Paris, mais nous ne les voyons plus tant leur misère est indécente pour les yeux et le cœur.
Un soir, Olivier réalise que cette vieille femme pourrait être sa grand-mère. Il découpe frénétiquement une pancarte dans du carton, sur laquelle il écrit Je pourrais être votre grand-mère et la pose aux pieds de cette femme avec laquelle le dialogue ne se fait qu’avec les mains.
C’est le début d’une histoire étonnante pour l’un comme pour l’autre, car cette pancarte va faire basculer la vie de ces deux personnes. Le regard des passants s’attarde sur le message qui les touche. Ils donnent de l’argent à Ioana qui se met à sourire.
Mais l’engrenage s’est mis en route. Les autres SDF veulent aussi des pancartes et Olivier se voit obligé de leur fournir toutes sortes de slogans, humoristiques, réalistes, revendicateurs ; et cela marche. Olivier se laisse emporter dans cette aventure humaine et délaisse son métier. Il est tiraillé entre ses amis qui ne comprennent pas cette diversion, son patron qui le voit se désintéresser des affaires, l’appel grandissant des SDF qui l’accueillent au sein de leur communauté.
Olivier se bat contre les préjugés de son entourage et on imagine contre ses propres démons.
Il choisit le camp de la compassion et du don de soi.
Olivier, Joël Catherin dans la vraie vie, a co-écrit le scénario de ce court-métrage qui rencontre un joli succès.
Emouvant, sincère, ce film ouvre les yeux et nous enseigne que même à l’échelle d’une personne, il est possible de faire avancer certaines mentalités, la nôtre y compris.
Bien que conscients que sortir de la misère une, deux, ou une dizaine de personnes ne règlera pas les problèmes des sans-abri ou des Roms et que nous n’allons pas nous mettre à distribuer des pancartes aux SDF de notre quartier, notre regard sur notre manière de vivre les uns à côté des autres peut changer. Ce film de 19 minutes a permis de faire travailler des techniciens, des acteurs amateurs et professionnels…et de rendre à Ioana sa dignité.
Alors, est-il question de la reconversion d’un homme, des sans-abri, de l’absurdité de notre société ?
C’est avant tout une très belle histoire humaine, racontée avec passion, qui ne peut que nous faire nous arrêter quelques minutes pour méditer sur le potentiel que nous portons tous en nous de donner un tout petit peu de notre temps, de montrer un peu de compassion, de réchauffer au propre comme au figuré le tas de chiffons à notre porte, sous lequel nous voyons enfin qu’il cache une personne.
Joël Catherin nous offre son histoire, à nous de nous en emparer pour la faire grandir.
Je pourrais être votre grand-mère – réalisé par Bernard Tanguy
Rézina productions 2010 avec le soutien de France 3.
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