Etre “Fashionista”… Mais pour qui?

Choisir un vêtement le matin, oui, mais pour qui? Pour soi-même? Pour un homme? Et si finalement, c’était le regard des autres filles qui comptait le plus?…
Si nous sommes capables de courir l’équivalent du Marathon de New York pour trouver “le” bon jean ou si, chaque matin ou presque, un drame se joue devant le miroir, ce n’est pas pour le plaire visuel du mâle. Ou si peu!
“Une femme s’habille pour plaire, mais pas forcément aux hommes. En fait, elle ne s’habille pas pour draguer quelqu’un en particulier, mais pour séduire en général”, constate le psychiatre Samuel Lepastier.
Séduire qui? En théorie, elle même; en pratique, les filles!
Amies, ennemies, voisines, passantes, peu importe, inconsciemment, dans le cerveau, ça fait “tilt”: fille égale rivale. C’est le meilleur instrument de mesure de notre séduction: un compliment venant d’une nana à une autre nana, est mille fois plus flatteur que si cela vient d’un mec, car l’arrière pensée n’est pas forcément la même!
Le regard d’envie d’une congénère sur notre dernière paire de ballerines Marc Jacobs suffit à embellir la journée! “L’autre fille joue un rôle de miroir et le fait de se sentir séduisante ou bien habillée doit obligatoirement se confirmer dans ses yeux”, explique le sociologue Jean-Claude Kaufmann.
“Aujourd’hui, nous sommes constamment jugés, il faut être tendance même pour aller chercher son pain!”, reprend Jean-Claude Kaufmann.
A peine franchie la porte de chez soi, nous sommes donc “matées” et nous passons au scanner!
La vie n’est pas facile: on veut toujours ce que porte la jolie passante croisée dans la rue ou dans la cabine d’essayage voisine!
Pourquoi cet éternel besoin de “copier-coller” le look de sa voisine? c’est encore et toujours “l’effet miroir”, selon Samuel Le pastier. S’offrir les vêtements que porte une fille que l’on admire, c’est se glisser dans sa peau et se donner l’impression d’être aussi belle, bien foutue et désirable qu’elle.D’où l’énorme succés de la collection dessinée par Kate Moss pour Topshop et la multiplication de partenariats ponctuels entre stars “glam’” et marques de fringues grand public: H&M et Kylie Minogue, Mango et les sœurs Cruz (Penélope et Monica), ou encore, Lee Cooper et Lou Doillon…
Est-ce le signe inquiétant d’un gros manque d’estime de soi? Pas forcément, “on a tous besoin du regard de l’autre, c’est comme ça que l’on se construit”, pense Samuel Lepastier.
Cependant, nuance: on ne s’habille pas pour plaire ou taper dans l’œil de toutes les filles, juste pour celles de “sa tribu”! Celles qui nous ressemblent ou à qui l’on espère ressembler. La “Kate Moss” du quartier se fiche de l’avis de sa voisine “girly” comme de son premier “slim”!
Pour Florence Müller, historienne et professeur à l’institut Français de la mode à Paris: “S’habiller permet de donner un message sur soi-même et de se positionner dans la société ou dans un groupe. Les marques peuvent ainsi faire office de passeport à l’ascension sociale, le vêtement s’assimile alors à un symbole de pouvoir.” Dans le cas de la tribu des accros aux logos, par exemple, le message est plus que limpide, c’est: “J’ai les moyens de m’offrir ce vêtements hors de prix, donc je suis un fille puissante!” En revanche, la vrai “snob”, ou celle qui n’a rien à prouver, préfèrera, elle, s’offrir du luxe à l’étiquette moins “accessible au grand public”, à la Martin Margiela, entre autre! L’objectif étant de n’être reconnue que par les siennes, les initiées…
Le vêtement fait office de carte d’identité, il dit qui on est, ce qu’on fait, qui sont nos amis et même parfois quelle musique on écoute!
En résumé, c’est “Je m’habille, donc je suis”, ou même, “Je m’habille donc j’en suis”!
Qui a dit que s’habiller était chose simple?…
Par Victoire • Feb 20th, 2008 •
Categories: Beauté, Fringues, Mode, People, Psycho



écrit le February 20th, 2008 at 9:33 am:
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