L’amour, drogue douce, dure ou poison?

"L’amour est une fumée formée des vapeurs de soupirs", William Shakespeare.
Les poètes ne s’y sont pas trompés et la science le confirme: notre première drogue, la plus naturelle et la plus innée, c’est l’amour, avec son pouvoir bénéfique et ses effets toxiques!
Pour le meilleur et pour le pire aussi…

Le "merveilleux" dans l’amour:
L’amour c’est comme une drogue, ça nous enivre, nous fait faire des folies et nous détruit…
L’autre nous drogue de sa peau, de ses mots, nous rend belle, heureuse et dépendante. On le soupçonne de nous avoir envoûtée avec un philtre d’amour, on lui dit "tu me manques" et si on souffre en son absence, il suffit de le retrouver pour être de nouveau heureuse!
Le "tragique" dans l’amour:
L’autre nous fait souffrir, nous laisse tristement dépendante, en manque, déchirée, voire contrainte à un sevrage forcé, s’ensuit la déchéance du cœur et parfois même le dégoût de la vie. On frise l’overdose de douleur et on redoute qu’elle ne nous soit fatale! Mais au lieu de prendre la poudre d’escampette, on y retourne, on en veut encore, encore et encore plus à chaque fois…
"Un seul être vous manque, et tout est dépeuplé", Alphonse de Lamartine.
La drogue suggère la dépendance, la souffrance et revêt une connotation très péjorative!
L’amour peut s’en approcher: la drogue est connue pour ses effets hallucinogènes, "porteuse" de créativité souvent vécu comme une "illumination" durant les heures de "plane", certains grands poètes en sont le témoignage comme Baudelaire par exemple!
L’amour, lui, n’a pas cette force créative, bien qu’il sache nous apaiser!
L’amour est un élan d’affection, de tendresse, de vénération, d’admiration envers l’autre.
La drogue, elle, n’a pas ces vertus là. Elle est repli sur soi et désocialisation. Certains aspects de l’amour peuvent revêtir cette forme, car quand on aime, on place l’autre en position de supériorité par rapport aux autres.
Un peu comme la drogue, l’amour passionné peut être une cassure avec les autres, mais avec l’avantage quand même d’être deux et non seul avec sa drogue!
En revanche, la drogue et l’amour sont étroitement liés: l’une est fuite et destruction quoiqu’il arrive, considérée comme lente et passive. L’autre est bonheur, désir, enthousiasme, adoration, dévouement, estime, passion etc…, mais la frontière étant relativement mince, peut très vite basculer et n’être que souffrance, chagrin, mésestime de soi etc…
Le principe est le même: le désir, motivé soit par la recherche de sensations, soit par la quête d’apaisement, débouche sur le plaisir puis sur le manque.
Le professeur Michel Reynaud, psychiatre, décrit dans son livre "l’amour est une drogue douce… en général" (éd. Robert Laffont), avec précision et clarté les circuits biologiques du désir et du plaisir amoureux. Ce spécialiste des addictions démontre comment l’amour peut devenir une drogue comparable à l’héroïne: "On a longtemps refusé de reconnaître, par manque de données scientifiques mais aussi par souci de ménager la morale, que ce qui rend "accro", dans un cas comme dans l’autre, c’est la dimension du plaisir".
Le "shoote" de l’amour, véritable drogue pouvant se transformer en addiction…
L’amour, drogue douce, dure ou poison, peu importe, il suffit de procéder au bon dosage: l’une est à bannir de notre existence, quant à l’autre est à consommer sans modération, y compris de façon thérapeutique à forte dose pour l’ensemble physique, psychologique et morale de notre être…
Par Victoire • Feb 14th, 2008 •
Categories: Amour, Livres, Mecs, Psycho, Sexe


